Groshong : l’innovation discrète qui a transformé l’accès veineux
La valve de Groshong est indissociable de l’évolution des cathéters veineux centraux implantables et tunnelisés, utilisés pour les traitements de longue durée.
Origine et développement
- La valve de Groshong a été développée à la fin des années 1980 par le Dr Lowell Groshong, radiologue interventionnel américain.
- Son objectif principal était de réduire les complications associées aux cathéters veineux centraux classiques, notamment :
- Les infections,
- Les reflux sanguins,
- Les obstructions par caillot.
Innovation technique
- La grande innovation réside dans son intégration à l’extrémité distale du cathéter.
- Cette valve fonctionne comme un système à trois états :
- Fermée au repos (empêche l’entrée d’air et le reflux sanguin),
- Ouverte vers l’extérieur lors de l’injection,
- Ouverte vers l’intérieur lors de l’aspiration.
- Contrairement aux cathéters à bouts ouverts (type Hickman ou Broviac), elle ne nécessite pas de clamp.
Diffusion et adoption clinique
- Dans les années 1990, les cathéters à valve de Groshong sont progressivement adoptés en :
- Oncologie,
- Nutrition parentérale,
- Antibiothérapie prolongée,
- Et surtout en hématologie afin de limiter l’usage de l’héparine
.
- Les cathéters avec valve de Groshong sont particulièrement appréciés pour leur simplicité d’utilisation et leur sécurité accrue, sans oublier de plus la possibilité d’effectuer le rinçage du cathéter avec du sérum physiologique sans héparine.
Évolutions récentes
- Amélioration des matériaux, le silicone remplacé par polyuréthane.
- Compatibilité avec l’injection à haute pression pour l’imagerie ( cathéter power-pic Solo).
- Intégration dans des dispositifs implantables modernes (PAC et PICC lines et midlines).
Comment identifier sa présence :
La présence d’une valve de Groshong sur un cathéter est justifiée par l’absence de clamp de fermeture et parfois son identification inscrite sur le cathéter. Cependant en cas de doute, il est préférable de réclamer le carnet de surveillance rédigé lors de la pose auprès du service prescripteur.
La lettre circulaire DH/EM 1 96-6225 du 28 octobre 1996 relative à la sécurité des dispositifs médicaux, utilisation des chambres implantables, définit le contenu du carnet de surveillance :
« il doit comporter les éléments suivants : nom du patient, l’hôpital ayant implanté le dispositif, le modèle et le numéro de lot du dispositif, les précautions essentielles à respecter lors de l’utilisation du dispositif ainsi que les dates des perfusions et injections réalisées.
Ce carnet doit être remis au patient ». Celui-ci doit le présenter systématiquement aux équipes médicales intervenant sur la chambre ou le cathéter, ce qui permet ainsi d’améliorer l’information entre les équipes médicales